Mettre en oeuvre la gratuité : fiche N°6 / Accompagner le changement dans un cadre tripartite

Article publié le mercredi 28 juil. 2021
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Si les conséquences de la gratuité sont importantes pour les utilisateurs, l’impact sur les acteurs qui œuvrent à sa mise en place est également très fort. En effet, comme la fiche précédente l’explique (voir fiche 4 ici), la gratuité change l’intégralité des métiers de l’entreprise délégataire des transports. Les préjugés sur les conséquences de cette transformation peuvent crisper les positions : à Nantes, la menace d’une grève syndicale lors du lancement de la gratuité les week-ends en avril 2021 est révélatrice des appréhensions à dissiper.

 

AOM, entreprise délégataire, représentants des salariés : entre ces trois acteurs, c’est finalement un dialogue tripartite qui doit se mettre en place. Décidée par les élus et portée par l’Autorité organisatrice des mobilités, le projet de gratuité constitue une occasion d’actualiser les échanges entre les différents acteurs des transports sur un territoire, parmi lesquels l’entreprise délégataire de transport et ses salariés se trouvent au premier plan.

 

Les habitudes de travail évoluent, et les éventuelles reconversions engendrées par la gratuité nécessitent en effet de véritables discussions avec les représentants des différents corps de métiers, et entre chacun des acteurs grâce à la constitution de groupes de travail régulièrement convoqués en réunion. 

Les inquiétudes et les retours d’expérience des employés de l’entreprise doivent être écoutées afin de préserver, voire améliorer leurs conditions de travail dans un contexte nouveau de la gratuité des transports totale ou par critères. Les évolutions des métiers, tout comme la peur de l’augmentation des incivilités, font par exemple partie des enjeux forts mis à l’agenda du dialogue social pour apporter des réponses concrètes à la mise en œuvre du projet.

NB : L’Observatoire rappelle que ces publications relèvent d’un travail effectué à la croisée de deux projets financés par l'Ademe : le premier projet (TEES 2020), conduit en 2020 par les chercheurs de VIGS en résidence à l'AGUR, a permis d’explorer les changements de pratiques et de représentations pour les organisations publiques et privées depuis le passage à la gratuité des transports collectifs à Dunkerque. Il s’est accompagné d’un Workshop, en octobre 2020, dont les échanges (synthétisés ici) nourrissent largement ces fiches. Le second projet, porté cette fois par l’AGUR, a permis de documenter la réalité du transport gratuit dans des contextes territoriaux et financiers variés, ainsi que sur le suivi des indicateurs mis en place par l’Observatoire.

Source et réalisation : OVTG – AGUR – VIGS ; financement ADEME.