La gratuité en cartes - 3/ Cas d'alternance politique des villes ayant mis en place la gratuité totale

Article publié le lundi 2 mars 2020

L’alternance politique, essentielle en politique, pose la question de la pérennité des projets et des choix budgétaires. La gratuité des transports en commun constitue un choix politique effectué par une municipalité à une date donnée.

 

Observe-t-on une remise en question de la gratuité lorsqu’une alternance politique survient ? Sur aucun des onze territoires concernés, la gratuité n’a jusqu’à présent été remise en cause pour cette raison. La gratuité est une politique publique éminemment populaire et en cela, difficilement annulable pour un nouvel élu.

 

La gratuité menacée par les transferts de compétence plus que par l’alternance

 

Prenons l’exemple de la ville d’Aubagne qui a instauré la gratuité en 2009 sous une mairie communiste. En 2014, l’élection d’une nouvelle maire, cartée Les Républicains, n’y a rien changé. A Aubagne comme dans d’autres villes, la gratuité est davantage menacée par les transferts de compétences, et notamment de la compétence mobilité. Difficile en effet pour un EPCI de gérer un territoire comportant une exception, en l’occurrence une gratuité…

 

C’est dans ce cadre précis que plusieurs villes ont été contraintes de renoncer à la gratuité dont Bar-le-Duc et Cluses.

 

La ville d’Aubagne a intégré la métropole d’Aix-Marseille-Provence, qui ne souhaite pas étendre la gratuité à tout son réseau. Pour le moment, la gratuité est reconduite dans le territoire du Pays d’Aubagne et de l’Etoile, mais le versement mobilité est encaissé par la métropole d’Aix-Marseille-Provence. Les prochaines élections municipales seront donc déterminantes pour la pérennité du projet. 

 

La prochaine production de l’Observatoire dans le cadre de cette série cartographique s’intéressera aux villes où la gratuité figure dans le programme d’au moins un candidat aux élections municipales.