Dunkerque : effets de la gratuité totale - septembre 2019

Article publié le mercredi 11 sept. 2019

L’association VIGS a mené une deuxième phase d’étude consacrée à la gratuité dans l’agglomération dunkerquoise. Cette fois, les chercheurs ont passé au crible les effets d’une politique de gratuité totale couplée à une offre de transport nettement améliorée. C’est en effet un nouveau réseau de bus, plus performant et doté de lignes Chrono à haut niveau de service, qui a été lancé le 1er septembre 2018, dans le but de répondre efficacement à l’afflux de voyageurs engendré par la gratuité totale instaurée exactement au même moment.

La gratuité, un déclic pour changer les habitudes

Au cœur de cette étude d’une année, dont les résultats définitifs ont été livrés en septembre 2019 dans un rapport de 250 pages, on trouve bien sûr la question des nouveaux usagers du bus gratuit et du report modal : l'automobile apparait comme le mode de transport majoritairement délaissé au profit du bus.

Les nouvelles pratiques de mobilité constituent un pan important des investigations des chercheurs qui notent que la gratuité agit comme un déclic symbolique puissant, capable de susciter l’envie d’essayer le bus chez des habitants qui ne l’avaient jamais pris de leur vie. Si le nouveau réseau gratuit séduit les cadres, il joue également un rôle social important : il rend de la liberté à se déplacer aux habitants les moins fortunés. La gratuité s’affirme comme une politique sociale efficace, permettant aux jeunes de gagner en autonomie et aux plus âgés de conserver des liens sociaux. Plus largement, l’image du bus et l’image du territoire tout entier bénéficient de la gratuité.

Synthèse des principaux résultats

Méthodologie

La méthodologie de l’étude s’appuie principalement sur des outils qualitatifs – une centaine d’entretiens semi-directifs avec des conducteurs, des techniciens, des usagers et des observations de terrain –, complétés par la réalisation de 2 000 questionnaires auprès des usagers des bus.
L’approche qualitative permet d’analyser en profondeur les différents profils d’habitants, usagers et non-usagers des transports en commun, et les effets qu’impliquent un nouveau réseau de transport entièrement gratuit sur leur mobilité et sur leurs modes de vies.  Elle permet aussi de comprendre les mécanismes psychologiques et symboliques à l’origine de changements – ou au contraire d’inertie – des comportements de mobilité dans un contexte où la possibilité est offerte de voyager gratuitement sur un réseau urbain. Enfin, elle permet d’identifier les freins à la mobilité et à l’usage des transports collectifs qui continuent d’exister, et auxquels la gratuité ne vient pas répondre.