Dunkerque : effets de la gratuité totale (étude en cours)

Article publié le mercredi 5 juin 2019

L’association VIGS mène actuellement une deuxième phase d’étude consacrée à la gratuité dans l’agglomération dunkerquoise. Il s’agit cette fois pour les chercheurs d’examiner les effets d’une politique de gratuité totale couplée à une offre de transport nettement améliorée. Un nouveau réseau de bus, plus performant et doté de lignes Chrono à haut niveau de service, a été lancé le 1er septembre 2018, dans le but de répondre efficacement à l’afflux de voyageurs engendré par la gratuité totale instaurée exactement au même moment.

La gratuité change-t-elle les habitudes ?

Au cœur de cette étude d’une année, dont les résultats définitifs seront connus en septembre 2019, on trouve bien sûr la question des nouveaux usagers du bus gratuit et du report modal : quels modes de transport ont-ils majoritairement délaissés au profit du bus ? Les nouvelles pratiques de mobilité constituent un pan important des investigations : la gratuité change-t-elle les habitudes et si oui, comment ? Plus largement, la vie quotidienne, les lieux de flânerie et de consommation ou encore l’image du territoire sont-ils modifiés ?

Méthodologie

La méthodologie de l’étude s’appuie principalement sur des outils qualitatifs – entretiens semi-directifs avec des conducteurs, des techniciens, des usagers et observations de terrain –, complétés par la réalisation de 2 000 questionnaires auprès des usagers des bus.

L’approche qualitative permet d’analyser en profondeur les différents profils d’habitants, usagers et non-usagers des transports en commun, et les effets qu’impliquent un nouveau réseau de transport entièrement gratuit sur leur mobilité et sur leurs modes de vies.  Elle permet aussi de comprendre les mécanismes psychologiques et symboliques à l’origine de changements – ou au contraire d’inertie – des comportements de mobilité dans un contexte où la possibilité est offerte de voyager gratuitement sur un réseau urbain. Enfin, elle permet d’identifier les freins à la mobilité et à l’usage des transports collectifs qui continuent d’exister, et auxquels la gratuité ne vient pas répondre.

Enquête quantitative

Menée en mars et en avril 2019, l’enquête quantitative a ciblé le cœur de l’agglomération, qui concentre le plus grand nombre d’emplois, d’habitants et d’offre de commerces. Cette zone dense, bien desservie à la fois par les routes, le réseau de transports, les pistes cyclables et les stations DK Vélo, place les usagers en situation de « choix modal », ce qui permet d’étudier les effets de la gratuité du réseau sur les habitudes de déplacements et sur les autres modes.

Les usagers du nouveau réseau gratuit ont été interrogés aux arrêts et dans les bus, principalement au niveau du pôle d’échange de la gare et de la place Jean-Bart, points par lesquels passent l’ensemble des lignes Chrono et des lignes directes (sauf la ligne C5).

Premiers résultats

Quelque 2 000 usagers des bus ont été interrogés en face à face, ce qui représente un échantillon significatif permettant d’obtenir des résultats statistiquement pertinents. Le questionnaire a été administré en semaine, du lundi au vendredi en période scolaire (de 7h à 19h30), entre le 13 mars et le 30 avril 2019. Le volume d’usagers interrogés a été réparti en fonction de la fréquentation moyenne par jour et par créneaux horaires, afin d’inclure la diversité de profils et de pratiques des transports (domicile-travail, domicile-école, heures creuses, loisirs…). Toutefois, l’enquête porte sur les pratiques générales des usagers, donc inclut potentiellement les changements d’habitude en dehors de ces périodes (week-ends et vacances par exemple). 

Les premiers résultats de cette enquête quantitative, portant notamment sur le report modal, sont en ligne ici.

Télécharger la note (14 pages) rédigée par l’association de chercheurs VIGS « Les changements de comportement de mobilité des usagers du nouveau réseau de transport gratuit – mai 2019 »