Dunkerque : effets de la gratuité partielle - mars 2017

Article publié le mercredi 5 juin 2019

Aucune étude scientifique de nature "qualitative" n’avait jamais été menée en France afin de mesurer les impacts réels d’une politique de gratuité des transports en commun. Sollicitée par l’Agence d’urbanisme Flandre-Dunkerque (Agur), l’association de chercheurs VIGS a mené durant sept mois la première étude du genre à Dunkerque.

Avant de devenir totale, la gratuité a d’abord été expérimentée de façon partielle – uniquement les week-ends et jours fériés – durant trois années (septembre 2015 à septembre 2018) par les 200 000 habitants des 17 communes appartenant à la communauté urbaine de Dunkerque. Ce sont les effets de cette gratuité partielle que VIGS a étudiés.

Résumé

« Les premiers éléments de l’enquête menée à Dunkerque sur l’impact de la gratuité les week-ends tendent à déconstruire certaines idées largement partagées par les acteurs des transports urbains. D’abord, l’incivilité n’a pas augmenté dans les bus dunkerquois. On observe même une diminution des actes de vandalisme durant les week-ends malgré l’augmentation de la fréquentation : un nombre plus important de voyageurs aurait pu engendrer mécaniquement une recrudescence des dégradations. Ensuite, et même s’il faudra avoir plus de recul pour évaluer ces données sur le long terme, la gratuité ne semble pas poser un risque financier important pour la CUD : les recettes commerciales ne couvraient que 12 % des dépenses de fonctionnement – soit 4,5 millions d’euros. La prise en charge de cette perte de revenus relève surtout d’un choix politique en matière d’allocation des ressources publiques de la CUD et ne s’apparente pas à une mise en péril des finances locales. En d’autres termes, la gratuité est rendue possible par le transfert de fonds publics prélevés sur les administrés ou sur le budget de la collectivité : elle résulte donc d’une volonté politique d’investir dans les transports en commun. Dans le cas de Dunkerque, la gratuité est techniquement et financièrement réalisable pour une agglomération de 200 000 habitants, battant en brèche l’hypothèse selon laquelle cette mesure ne serait applicable qu’aux réseaux de villes moyennes. Enfin, l’attractivité du centre-ville dunkerquois semble sortir renforcée de cette initiative : nombreux sont les enquêtés affirmant profiter davantage des aménités commerciales et récréatives du centre-ville durant le week-end du fait de la gratuité. La décision de délaisser la voiture au profit du bus gratuit permet notamment de déambuler dans les rues sans aucune appréhension de la contrainte horaire qu’implique le stationnement automobile. »

Extrait de « Dunkerque, nouveau laboratoire de la gratuité des transports », un article paru sur le site Métropolitiques en 2017

Téléchargements

Répondant à diverses injonctions, l’étude « Dunkerque, retours sur les effets de la gratuité partielle – mars 2017 » menée par VIGS compile différents niveaux d’interprétation : elle est à la fois un rapport scientifique, une réponse à la commande publique permettant d’accompagner et de préparer au mieux la gratuité totale en 2018 et un « guide » de ce que l’on peut attendre d’une gratuité des transports en commun à l’intention d’acteurs politiques, de professionnels du secteur des transports ou de citoyens intéressés par cette mesure.

Le magazine Urbis le Mag a également compilé les principaux résultats de l’étude dans une série de trois articles à destination du grand public :